Ecurie équitable Terre d'Illich Mériadec (Morbihan)
Pension et demi-pension pour chevaux et poneys dans le Morbihan

Forum L'Equitude

« De même que les noirs ne sont pas nés pour servir les blancs ou les femmes pour servir les hommes, les animaux ont leur destin propre et ne sont pas nés pour servir l’humanité » (La Couleur Pourpre)

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#1 29-01-2009 11:15:56

Mireille
Modérateur
Lieu: Mériadec
Date d'inscription: 18-08-2008
Messages: 66

Extrait du livre d'Alexandre Nevzhorov (je vous le conseille vivement)

A chacun de se faire son idée personelle mais une chose est sûre :
Personne ne pourra longtemps et sans se ridiculiser nier le travail de cet homme et l'évolution qu'il propose.
Sa façon de le dire peut déplaire mais cela ne change rien à une certaine vérité !
VOIR L'ARTICLE DE CHEVAL MAGAZINE et comparer le niveau de l'argumentaire !!

Traduit par un adhérent du Forum d'Alexandre Nevzhorov qui s'appelle MATHIEU  (merci à lui)

" LA REVOLUTION DU CHEVAL "

Le Cheval a toujours raison! J'ai choisi ces mots pour devise il y a longtemps.
Ils sont du Chevalier de Nestier, l'un des pères fondateurs de la Haute Ecole.
Certaines choses dans le monde sont intolérables quelque soient les circonstances.
Aujourd'hui nous sommes à un tournant de la relation entre l'homme et les
chevaux – nous sommes en train de tourner la page de la violence et du mensonge,
et recherchons le bien être et la liberté. Nous sommes en charge d'une mission
difficile. Nous sommes responsables de l'avenir des relations entre les hommes
et les chevaux et devons décider s'ils doivent continuer à souffrir ou si nous
devons les rendre heureux. De la même manière que dans une pièce classique
la vérité et le bien s'opposent aux mensonges et au mal. Et il ne fait aucun doute

que le bien va prévaloir. Les partisans comme les ennemis le sentent venir. Certains crient victoire, les autres sont effrayés. Il y a aussi ceux qui essayent véhément de s'y opposer. Mais en vain... Vous pouvez sentir le vent de changements. Et vous ne pouvez pas le fuir en vous abritant derrière les portes closes des écuries.
La base de la Révolution Pour Le Cheval concerne le sauvetage des chevaux des tourments des sports équestres et des courses, la défense du cheval contre les cavaliers de concours et les cavaliers qui ne sont pas des hommes de chevaux qui utilisent des méthodes cruelles dans leur travail avec les chevaux. Nous ne nous battons pas pour un transport plus respectueux des chevaux vers les abbatoirs, comme le fait la Ligue Internationale pour la Protection des Chevaux. Nous nous opposons à ce qui est générallement accepté et bienvenu dans notre société moderne. Ce sont les courses, les sports équestres, l'usage de mors et la cruauté envers les chevaux.
Nous détrompons les gens et leur expliquons clairement la vérité sur la violence et la peinibilité des sports équestres. Dans le contexte des valeurs humaines les sports équestres sont voués à l'echec comme n'importe quel autre phénomène négatif. C'est un loisir complètement stupide et absolument cruel. Pourtant les humains ne sont pas tous de parfaites fripouilles. Ils ont seulement besoin d'aide pour être détrompés et alors pendant les compétitions ils prêteront moins attention au franchissement des barres d'obstacles qu'à la bouche et aux yeux du cheval remplis de douleur. Nous avons pris l'initiative d'aider les gens à connaître la vérité sur les Sports équestres. Les chevaux ne peuvent pas se rebeller contre leur statut d'esclaves. C'est pourquoi nous devons les aider! Il ne fait aucun doute que tout le monde comprendra. C'est seulement une question de temps.
______________________________________________

Un extrait du chapitre « Le Sport Equestre »


Le cirque est une somme toute une autre histoire. Oh il s’agit bel et bien d’une autre histoire… En résumé , il utilise le même matériel spécifique que l’on rencontre dans le sport, la même stupidité et la même cruauté mais…

Le cirque est un monde renfermé sur lui-même. C’est un monde dans lequel la composition particulière de l’atmosphère ne ressemble à aucune autre.

Le cirque connaît tout de lui-même et est en mesure de se protéger des regards et des oreilles indiscrets. Ses mesures de protection se sont perfectionnées au cours des siècles. L’idiot va s ‘asseoir et assister à ce que l’on veut bien lui montrer puis va s’en aller convaincu d’avoir vu le cirque de l’intérieur.

Ce n’est que désillusion et mensonge. Seuls ceux qui appartiennent vraiment au monde du cirque peuvent le voir de l’intérieur.
Ils sont les seuls à pouvoir se voir, eux et leurs compagnons, tels qu’ils sont vraiment. C’est uniquement entre eux, évoluant sur la piste de trente mètres de diamètre qu’ils se comportent naturellement et arrêtent de mentir. Voir le cirque de l’intérieur, vraiment connaître le cirque demande un transformation particulière. Vous devez devenir un élément du monde du cirque.

Avant cette transformation vous ne pouvez déceler quoique ce soit, observer quoique ce soit ou comprendre quoique ce soit. Cette transformation implique la modification de concepts humains ordinaires.

Le bien et le mal se déplacent constamment et sont mêlés à un troisième facteur qui les combine en lui-même. La violence envers les humains et les chevaux cesse d’apparaître comme telle et apparaît d’une certain manière comme quelque chose d’original et de précieux.

Il y a beaucoup de métamorphoses étonnantes. Savez vous comment ils placent le cheval dans la position de la pesade dans le cirque ? Vous savez sur les postérieurs. C’est très simple. Ils prennent un cheval, ils attachent une longue corde au « métal » situé dans sa bouche. Sur le côté droit ou gauche du mors, peu importe.
Le câble est tendu en l’air dans l’obscurité du chapiteau et passé dans une poulie. La même que celle qui sert à assurer les trapézistes. L’extrémité de la corde est redescendue sur la piste devant ou derrière le cheval. Trois ou quatre hommes, les plus costauds, ramassent et tiennent la corde. Ils portent tous des mitaines de manière à ne pas se brûler les mains.

L’entraîneur fait un claquement de langue, fait siffler sa chambrière, et les trois hommes avec les mitaines tirent brusquement le câble relié à la poulie vers le bas, entraînant soudainement le cheval vers la poulie située tout en haut par l’intermédiaire du mors jusqu’à ce que le cheval soit parfaitement vertical.

Deux hommes frappent le cheval par derrière en mesure de prévention pour que celui-ci ne retombe pas en arrière, l’entraîneur le frappe par devant pour être sûr qu’il ne retombe pas vers l’avant. Pendant cet exercice la bouche du cheval se met habituellement à saigner.
La mâchoire du cheval, aussi résistante soit elle, ne peut supporter l’élévation soudaine et ses yeux rouges sortent de leurs orbites. L’entraîneur plaisante habituellement après coup (tout en riant)  :  « Rentrez lui ses yeux »
Ces mots ne sont en général destinés à personne en particulier, ni à l’assistant ni à celui qui tient le cheval. Ils seraient plutôt adressés à un dieu, le dieu impuissant des chevaux, qui voit tout et qui attend, à compter de cet instant, l’âme de ce cheval de cirque.

Oh oui, j’oubliais : quand tout est fini, ils placent des rondelles de carottes dans la bouche meurtrie du cheval tremblant et dégoulinant de sueur. Les rondelles recouvertes de sang retombent et roulent à travers l’arène.

Puissiez vous vous souvenir de cette image la prochaine fois que vous emmènerez votre neveu au cirque !



Un extrait du chapitre “L’entraînement”

Le point le plus important de l’éducation et de l’entraînement d’un cheval est, bien entendu, le rassembler.
Le rassembler est la position du corps du cheval qui le place dans un certain état de concentration musculaire et psychologique, dans un état de préparation totale au mouvement ou à l’immobilité. Les signes externes du rassembler sont l’élévation du dos, une flexion de la nuque et un puissant ramener des jarrets sous le corps.

Les signes internes du rassembler peuvent être ressentis par le cavalier ( ainsi que lors du travail en main) : c’est la concentration des plus importantes parties du poids du cheval dans les hanches, les articulations et les muscles de la croupe.

Le rassembler est la qualité précise qui était recherchée avec tellement de passion par les pères fondateurs de la “Haute Ecole”, qui pensaient (à raison), que cette position permettait au cheval de porter un cavalier sur son dos sans nuire à sa santé.

Le mouvement d’un cheval portant un cavalier sans être rassemblé détruit son dos et endommage le cheval. Le poids énorme de l’abdomen et de son contenu tire sur la colonne vertébrale, qui est alors également alourdie par le poids du cavalier. En dehors de tout le reste, le rassembler mobilise les muscles de l’abdomen, leur transférant la responsabilité de soutenir son poids.

Seul le rassembler naturel et volontaire est valable. Pas le rassembler produit par l’action de pousser l’arrière main( avec des éperons ou une cravache) et la retenue de l’avant main (par un mors, un mediacana ou un caveçon)

Le rassembler ne peut être que volontaire, c’est le cas lorsqu’à n’importe quel moment, si le cheval ressent une douleur due à la trop importante tension des muscles, il peut sortir de cette position en relaxant son encolure et les muscles de son dos et même de ses hanches s’il le désire. Un rassembler forcé est paralysant. Cinq minutes d’un tel rassembler vont engendrer de sérieux problèmes dans la région de l’encolure, du dos, de la colonne vertébrale et de la croupe, problèmes qui demanderont plus d’un mois de soins.

Vingt minutes d’un tel rassembler rendra le cheval invalide pour le restant de ses jours.

A l’état sauvage le cheval se rassemble souvent naturellement. Dans les combats entre étalons, qui se produisent la plupart du temps sur les postérieurs, un cheval n’obtient la liberté de frapper l’adversaire avec ses antérieurs que si sa croupe est bien engagée, c’est la condition pour qu’il soit stable sur ses postérieurs et qu’il puisse conserver son équilibre. (Un cheval de Haute école bien entraîné doit être capable d’effectuer facilement cinq à six pas avec un cavalier sur ses postérieurs. Douze à quinze pas sans cavalier)

Il n’est pas possible d’être stable et de maintenir un bon équilibre avec des postérieurs sortis, ils doivent donc être bien engagés sous le corps. Plus ils le seront plus haut le cheval pourra s’élever (jusqu’à l’absolue verticale).

Et plus haut le cheval s’élève, plus grande sera sa supériorité dans la bataille, puisqu’il lui devient possible de frapper vers le bas avec les antérieurs. Dans le rassembler lors d’un duel à l’état sauvage, la nuque devient le point le plus élevé pour deux raisons. La tête est abaissée jusqu’à ce que la mâchoire appuie sur l’encolure pour couvrir la veine jugulaire, que l’adversaire tente toujours de mordre, de manière à lui offrir une protection. La tête est également abaissée pour réaliser la tension finale de certains groupes de muscles qui vont assurer la manœuvrabilité et l’élasticité absolue de l’encolure, des épaules et des hanches.

Un étalon tentant de séduire une jument va également commencer par lui montrer sa façon de se rassembler. Il le fait pour plusieurs raisons. Le rassembler constitue un indicateur infaillible du statut. Quelque chose comme des galons de général. Un étalon qui ne se serait jamais battu ou qui ne se serait jamais reproduit ne peut impressionner une jeune jument avec le fabuleux développement du muscle situé du ventre à la tête(m. Rectus capitis ventralis), qui est responsable de la flexion de l’articulation atlantooccipitale et de l’abaissement de la tête. Un région occipitale bien développée indique que le cheval est un tombeur et un combattant victorieux.

* * *

Un cheval de Haute Ecole doit travailler dans un rassembler volontaire résultant de la connaissance du cheval des avantages de contrôler ses postérieurs et la flexion de sa nuque.

Le cheval, comme je l’ai déjà dit, est un être incroyablement intelligent et sensible. Il saisit rapidement les avantages d’engager les postérieurs et de fléchir la nuque. Tout devient facile.

Les mouvements qui étaient mous et de travers deviennent débordants de légèreté, d’énergie et de vie. Ce rassembler est réalisé assez facilement en liberté, mais cette “facilité” est basée sur deux facteurs complexes.

Premièrement, vous devez être en mesure de faire appel à l’intelligence du cheval, à sa phénoménale capacité à apprendre et à comprendre. Deuxièmement, ses postérieurs, sa croupe et ses articulations doivent être au moins en aussi bonne condition que celles d’un cheval vivant à l’état sauvage. Un tel cheval a de travailler librement et énergiquement avec ses postérieurs.

* * *

Comment enseigner le rassembler.

Lorsqu’un cheval a été entraîné à travailler sur ses postérieurs de façon adéquate, qu’il a accompli les vingt ou trente exercices les plus simples et qu’il comprend parfaitement son enseignant, on peut alors lui apprendre le rassembler.

Le cheval est “nu”, avec seulement une corde sur les épaules. Une longe étant attachée à la corde.

Ce n’est fait que pour s’assurer qu’il évolue sur un cercle parfaitement constant. On prend une chambrière. (A cet instant peu importe d’où vient le cheval, peu importe que sa vie antérieure ait pu être affreuse, il doit déjà avoir compris que ni une baguette, ni une badine, ni une chambrière, ni un bâton ne représente un quelconque danger et que cela ne doit absolument pas l’effrayer. Ce sera excellent s’il réalise que tous ces différents accessoires et objets font partie de l’ami avec lequel il joue et s’entraîne.)

Même si le cheval n’est pas réellement apeuré, mais qu’il subsiste une trace de méfiance vis à vis de la badine, alors il est trop tôt pour enseigner le rassembler. L’enseignant demande au cheval d’évoluer en cercle au trot autour de lui. Le cheval doit l’effectuer avec la tête parfaitement libre, avec les postérieurs étendus, s’accrochant au sol avec ses antérieurs et marquant le trot.

Le but est de lui faire fléchir la tête, élever la nuque et l’encolure et commencer à se propulser avec ses postérieurs en acquerrant de la grâce, de la force et de la confiance. Pour ce faire on donne de légers coups de mèche de chambrière derrière les postérieurs de manière à ce qu’elle serpente sur le sol en suivant le cheval.

Le cheval doit, soit ne pas y prêter attention, soit prendre ces actions avec humour.(Quand je dis “avec humour”, j’entends par là que: le cheval, ne comprenant pas encore ce que veut son professeur, commence à interroger du regard de façon indulgente tout en s’impatientant. A cet instant il est toujours de bonne humeur et il continue à s’amuser). En premier lieu et avant tout, l’enseignant doit comprendre l’état et l’humeur du cheval, son état émotionnel. Si le cheval n’apprécie pas ce qui se produit il n’apprendra pas correctement. Tenter d’enseigner à un cheval qui est mécontent ou qui s’énerve est une pure perte de temps. La base de l’entraînement est cette faculté de donner au cheval l’immense satisfaction d’apprendre et de maîtriser avec succès des choses et des éléments très compliqués.

Après un petit moment on va rapprocher l’extrémité de la mèche de la chambrière pour venir la placer presque sous les postérieurs. Le cheval va alors la sentir et comme il considère la chambrière comme une partie intégrante de son enseignant il va être poli et va lever les pieds pour ne pas marcher sur celle-ci.

Pour l’instant le cheval n’augmente pas son allure, il conserve la même amplitude, ce en quoi il est guidé par les claquements de langues du maître, aussi régulier qu’un métronome et le rebond de la lanière sur son encolure qui va au même rythme.

Le rebond est produit par les mouvements de la longe. La chambrière devient plus insistante et son extrémité, le bout de la mèche, vient se positionner de plus en plus fréquemment sous les sabots. Le cheval lève donc les pieds de plus en plus souvent à tel point que, pour la première fois, il se propulse grâce à l’arrière main.

C’est un moment des plus important, qui doit être renforcé par des expressions d’affection absolument démesurées. Dès que l’on a obtenu ce résultat ( qui reste invisible et incompréhensible pour n’importe quel ), on peut retirer la lanière et autoriser le cheval à jouer à ses jeux favoris, les plus audacieux et les plus vivants.

S’il aime jouer au ballon, apportez-lui un ballon, trois, dix ballons. Et jouez tout ce que vous pouvez. S’il aime nata’n’pi, laissez-le lancer une attaque, c’est à vous de vous écarter du chemin. L’important est de célébrer cet instant. De n’importe quelle manière.

Le lendemain, lorsque cette douce mise en avant des postérieurs est obtenue, vous devez féliciter et caresser le cheval, gratter son garrot et lui donner quelque chose, mais continuer l’exercice jusqu’au moment ou tout deux, le cheval et vous, comprenez que le bout de la chambrière derrière lui est bien perçu comme une recommandation à engager les postérieurs. Quand le fait de pousser devient une habitude, le cheval va se porter correctement.

Et dès qu’il commence à se mouvoir uniquement de“ l’arrière main” , comme on l’appelle, sa tête va naturellement prendre la bonne position. Un cheval doit fléchir la tête entre l’atlas et l’odontoïde, Les deux vertèbres supérieures, mais parfois il ne va pas fléchir la tête mais l’encolure, entre la troisième et la quatrième vertèbre – Il n’y a pas de règle concernant cela.

Le but n’est pas d’obtenir que l’arrière de la tête fléchisse entre la première et la deuxième vertèbre, mais que le mouvement soit gracieux et puissant. Le cheval va trouver de lui-même la meilleure façon d’enrouler son encolure et sa nuque. L’important est qu’il comprenne les avantages fantastiques qu’il obtient avec le rassembler.

Dès que le cheval comprend le rassembler vous pouvez lui en démontrer tous les avantages en lui enseignant le piaffé et le passage.



Un extrait du chapitre “Les Personnalités”

Italie. Vérone. La même ville où, si nous en croyons Shakespeare et Dzeffirelli [3], des jeunes gens à la chevelure bouclée, en pantalons bicolores se poussant mutuellement de leurs épées sur la chaussée, déclamaient des non-sens charmants et exaltés.

Tous les ans a lieu à Vérone un gigantesque salon du cheval international connu sous le nom de Fiercavalli. Fiercavalli draine, une foule hurlante d’acheteurs et de vendeurs de chevaux, se piétinant dans la ferveur de leurs tractations; une masse repoussante de selles, d’éperons, de bottes et de vêtements d’équitation assez haute pour dépasser mars et cacher sa vue aux astronomes. ; des rangées de contrefaçons de “carrot sticks”, des démonstrations bruyantes et stupides dans le style italien ou western, la chaleur et les yeux de centaines de chevaux étouffés par le brouhaha, la foule disparate et la totale confusion de ce qui se passe.

Par essence, tous les grands salons de chevaux, que ce soit en France, en Allemagne, ou ici en Italie sont affreusement similaires.
Partout les Espagnols enchapautés passent leur chemin de manière pompeuse sur leurs andalous aux grands yeux et aux longues crinières avec des mediacanas blessant leur nez jusqu’au sang. Ils sont suivis par une foule de jeunes femmes vêtues de dorures faisant des démonstrations de pas d’école sur des lusitaniens respirant bruyamment, paralysés par la douleur de leurs mors diaboliques. Ensuite arrivent les cow-boys crachant, qui ont clairement investi l’énergie de leur vie à acquérir et à porter outrageusement de grandes chaps de cuir incroyablement épais avec un nombre incroyable de pièces d’argent ainsi que des éperons très brillants.

Et tout ceci est observé béatement par l’habituel curieux avec son appareil photo, dont la bouche est restée ouverte si longtemps que vous pouvez facilement compter tous les morceaux de pop corn sans vous presser. C’est la même chose partout. A Paris et à Vérone, c’est toujours vers la partie la plus surpeuplée du salon que le vulgaire cavalier de démonstration dans son armure en acier inoxydable portant [des imitations de lances rayées]/?/ choisit d’aller.

A Paris et à Vérone, il y a toujours ces jambes bleuies, ces stupides progéniture en slip et coiffés d’une bombe recouvert de velours hurlant et collant leur tête par l’ouverture du rideau de la cabine d’essayage pendant que leur mères leur choisissent des redingotes et des pantalons d’équitation sur les cintres. Et pendant ce temps les pauvres chevaux semi-sauvages de race Camargue dépassent les cabines d’essayage sur le chemin de leur représentation– ce sont les chevaux islandais français devant lesquels le public s’extasie naturellement, mais sans remarquer que la muserolle portée par tous les camargues, qui est, la lanière supérieure de la bride, qui fait pression sur le nez et assure que la bouche reste fermée est faite d’une chaîne de vélo rouillée. Tout à Vérone est pareil qu’ailleurs.

A la différence que Fiercavalli est encore plus étouffant que les autres grands salons. Et maintenant imaginez simplement une femme d’environ quarante ans, potelée et paralysée s’avançant dans son fauteuil roulant à travers ce méli-mélo de badauds abrutis et hébétés, illuminant la foule avec le regard brillant d’un martyre du moyen-age ou d’une sorcière.

Elle est accompagnée d’un immense cheval noir, fabuleusement majestueux, aux jambes aux longs fanons de race Frison. Le cheval devient menaçant, grogne et couche les oreilles en arrière lorsque les gens ne s’écartent pas assez vite du chemin du fauteuil roulant. Sa tête noire, au nez busqué est toujours là derrière celle de la femme dans le fauteuil roulant, toujours au dessus de ce dernier. Il s’agit de Silk Valentine et de Biko.
Silk a simplement gagné sa vie à Vérone et lors des autres évènements similaires en prenant part aux représentations générales de l’école Parelli et en se produisant seule. Elle a partout, toujours attiré un public de milliers de personnes, y compris ici à Vérone. Des foules d’amoureux de chevaux, accoutumés à la douleur et à la souffrance comme étant la norme dans notre relation avec les chevaux, étaient refroidi et totalement ahuris lorsqu’ils ont vu pour la première fois Silk et Biko. Lorsque la reine d’Angleterre a invité Silk et Biko et les a vus pour la première fois, elle n’a même pas essayé de cacher les larmes d’émotion. Elle n’est pas la seule.

Partout où Silk donne des cours ou se produit le public demeure assis dans un silence de mort, ou fait jaillir un tonnerre d’applaudissements, ou pleure d’émotion. Ce que présente Silk n’est pas une technique professionnelle. C’est au delà de la technique. Biko marche au pas d’école derrière le fauteuil roulant, au passage et piaffe, exécute d’assez belles pesades des changements de pied et des pirouettes ,se couche, s’assied, recule … Il est absolument libre. Il est libre, non seulement parce qu’il n’a pas de bride ou de licol sur lui, mais aussi parce que son maître, son propriétaire ne peut même pas se lever et faire le moindre pas. Elle ne peut même pas tout le temps l’atteindre et le toucher de la main.

Mais toujours, sans exception, le cheval noir reste absolument dévoué et totalement obéissant. Lorsque Silk a fait la connaissance de Biko, le cheval était un jeune étalon ordinaire, et comme tous les jeunes étalons il était convaincu que les hommes sont de terribles salauds. Mais Silk est immédiatement tombée amoureuse de Biko. Quand elle a osé s’approcher assez près dans son fauteuil roulant, Biko est devenu sauvage, cueilli Silk sans défenses dans son fauteuil roulant avec ses dents et l’a traînée à travers la piste. Elle ne pleurait pas. Et elle ne pouvait pas résister.

Le jour suivant elle avança à nouveau avec assurance directement vers lui, et Biko a frappé violemment sur le fauteuil roulant avec toute la puissance de ses antérieurs, retournant le fauteuil avec Silk dedans. Jeune et audacieux, débordant de force et comprenant tout à propos des êtres humains, comme tous les chevaux il était prêt à se battre avec les gens. Et avec n’importe quelle personne. Avec leurs cordes, leurs mors, leur non-sens et leur cruauté. Mais Biko n’avait aucune idée du pouvoir ensorcelant de l’amour humain. Pour développer une relation avec ce cheval, Silk est allée étudier, elle a étudié avec Parelli, mais ce ne sont pas les “Sept Jeux” qui l’ont aide à accomplir l’absolu miracle.

Pour gagner le cœur du cheval, elle a employé la première arme humaine – une à laquelle le cheval n’avait pas été confronté auparavant. C’était une intégrité absolue et invariable dans leur relation, une égalité absolument invariable. Pas de sangles, pas de cordes, pas de métal. Et une infinie patience et un incroyable courage. Et le vilain garçon bai céda, il a ouvert son cœur à la femme qui s’appelle Silk Valentine. Ils sont devenus amis.
Le cheval s’est révélé capable de développer la relation la plus subtile et incroyable. Parelli, réalisant parfaitement l’énorme potentiel promotionnel de l’image d’une infirme qui avait su gagner l’amitié d’un cheval très bagarreur et épris de liberté grâce à sa méthode, s’est imposé comme le patron de Silk, l’emmenant autour du monde comme preuve vivante de l’efficience de son enseignement.

Comme vous l’avez déjà appris, Silk est allée considérablement au delà de l’enseignement de Pat, et en certains points outrepassant les limites de la technique autorisées dans le Natural Horsemanship, mais l’impact publicitaire était si grand que Parelli a préféré ne rien voir. Son calcul était correct. Elle n’était pas jeune, ambitieuse et une dangereuse Honza. Je pense que Silk a compris tout cela.

Mais sa gratitude pour Pat pour tout ce qu’il a fait pour elle ne lui permettra probablement jamais de sortir du système Parelli. Dans son Allemagne natale elle a des centaines d’élèves qui viennent parce qu’ils sont attirés par son image plus que par l’enseignement de Parelli. Mais elle préfère ne pas s’étendre là-dessus non plus. Et elle sert honnêtement comme instructeur de “ level 4+” de la branche allemande de Parelli. Elle est très fidèle à Pat. J’ai eu l’occasion de lui donner des cours de Haute Ecole. Il n’y a eu aucune allusion de trahison lorsqu’elle est venue chez moi en Russie – elle a reçu toutes les bénédictions de la direction du Natural Horsemanship, a chargé les batteries de son véhicule, a pris un “carrot stick”, un bonnet de fourrure avec protection d’oreilles (cela se passait au mois d’août) – et s’engouffra dans l’avion.

Comme je devais le réaliser, elle aussi avait commencé à se sentir gênée par certains aspects simplistes du Natural Horsemanship, le fait que dans cette école il manquait une technique pour donner au cheval un équilibre correct, notamment pour le trot espagnol et le centavo. Mais dans ce commerce, chaque maître a cette sacrée manie – d'élever les différents éléments complexes à des niveau toujours plus hauts. Un cheval est une créature fabuleusement talentueuse.

Lorsque vous ressentez cela, vous voulez aller plus loin et découvrir ce talent, en devenir maître et toujours enseigner de nouveaux airs et éléments. Lorsque cela est fait dans le jeu, pratiquement en liberté, sans aucun moyen de coercition, même le plus incroyable des exercices ne peut jamais causer de douleur au cheval.
Il s’avéra que Silk compris très bien cela en fait.

Et elle a prouvé qu’elle était une élève diligente et fabuleusement talentueuse. Comme je devais également le découvrir, sa visite avait un certain côté charmant d’espionnage sur le sujet– Lorsqu’ils l’ont préparé pour son voyage, les praticiens de la méthode Parelli lui avaient demandé de découvrir le secret du rassembler naturel. Et lorsqu’elle s’est avancée dans le manège sur son véhicule, elle ma honnêtement tout dit à ce sujet. Elle a étudié des airs complexes et je l’ai étudié. Et je ne peux toujours pas dire lequel a appris le plus de l’autre.

Bien entendu, indépendamment de cela Silk, sur son véhicule, avec son Biko ou d’autres chevaux, possède le statut incontestable de preuve vivante de la sagesse des chevaux et de leur capacité à se lier d’amitié avec un être humain, quand cet humain n’est pas un idiot ou un cavalier de concours. Une chose de plus de claire qui n’a besoin d’aucun commentaire.

De plus, alors qu’avec d’autres grands entraîneurs il est possible d’attribuer certaines choses à l’énergie et à la technique, à la capacité de fouetter ou d’exciter un cheval avec un jeu fou, en gambadant et en courant dans tous les sens avec lui – dans le cas de Silk absolument rien ne peut être attribué à de telles choses. Silk est pratiquement immobile. Un fauteuil roulant motorisé, même allemand, peut être très pratique et très manœuvrable, mais ce n’est pas indiqué pour interagir avec un cheval. En plus Silk est sans défenses.

Si Perst, par exemple, s’emballe lors d’un jeu et se jette sur moi avec toute la force de ses six cent kilogrammes de masse vivante, alors je vais l’éviter, faire un pas en arrière, glisser d’un millimètre hors de porté de ses sabots ou de sa poitrine, mais Silk ne peut pas faire cela. Je peux insister énergiquement lors de l’apprentissage d’un air complexe. Je suis debout, le langage de mon corps est parfaitement compréhensible pour le cheval, je vais toucher ses postérieurs, sa poitrine ou son ventre à temps avec ma baguette– Je vais toujours agir rapidement.

En analyse finale, je vais monter le cheval et lui expliquer tout ce que je ne peux pas faire en liberté ou en main depuis son dos, par le jeu classique de mon poids à travers son dos, en transférant celui-ci sur ses antérieurs ou sur ses hanches, en mobilisant les muscles de sa croupe ou de ses épaules.
Silk est apparemment incapable de faire tout cela puisqu’elle est collée à son véhicule – et pourtant son Biko, et ses autres chevaux, sont parfaitement bien entraînés et se comportent toujours avec un tact parfait avec elle.

Le premier jour d’étude de Silk elle fut suivi dans les grandes portes ouvertes du manège par un faucon au nez crochu, au plumage brillant, au cri rauque. Je le connais très bien, il vient souvent appeler.

Il va faire un terrible foin avec ses plumes lorsqu’il va étriper l’un de ces moineaux ou pigeons gras et bien nourris dans le manège, faire un stupide bruit claquant avec son bec sanglant – et disparaître instantanément par les portes qui restent grandes ouvertes l’été.

Mais cette fois, au lieu de se jeter sur sa proie habituelle, il a commencé à cercler au dessus du véhicule électrique criant plus fort que d’habitude. Il se posa sur le sol, quelque chose que les faucons ne font jamais en présence d’humains ou de chevaux. Il a abaissé ses ailes et s’est figé avec un incroyable regard fixé sur les rayons étincelants du fauteuil roulant. Puis a posé son regard aux yeux jaunes perçants sur le visage de Silk. Et la façon dont il les bougeait! Avec une telle insolence de carnivore!

Instantanément, impitoyablement, il avait noté son côté sans défenses et sa faiblesse. Et n’importe quel cheval est mille fois plus intelligent que n’importe quel faucon. Et donc – selon la logique de ce monde – un cheval ne devrait pas pardonner la faiblesse. Mais il le fait.

Même mes chevaux impétueux, passionnés, habitués à un comportement sans règles, l’on traité avec la plus grande délicatesse, sans même tenter de la provoquer de la manière dont ils avaient l’habitude de jouer au contact d’autres personnes. Silk est phénoménalement puissante et représente un défi audacieux pour tout le monde équestre, qui a l’habitude de résoudre toutes les difficultés avec “l’acier”, les coups ou les souffrances et ne résolvent jamais rien. Mais elle est l’incarnation d’une apparente totale impuissance, et même si elle voulait insulter ou punir, elle ne pourrait physiquement pas le faire – et pourtant elle peut enseigner tout ce qu’elle veut à un cheval si facilement, de manière si magnifique.

J’ai vu comment elle arrivait facilement à “sentir” un cheval parfaitement inconnu et arrogant. Elle a également “senti” mes chevaux et ils l’ont “sentie”. Je ne peux pas exactement décrire comment elle entraîne les chevaux depuis son véhicule et comment elle leur enseigne les airs complexes. Alors qu’il s’agit probablement de la chose la plus intéressante.

Il n’y a pas de secret– c’est simplement réalisé en prenant beaucoup de temps, avec calme affection et amabilité, et c’est quasiment indescriptible, comme n’importe quel travail délicat et minutieux. Elle avança à travers le manège derrière moi sur son véhicule, suivant, sous le charme, le mouvement de la baguette sur les jambes du cheval. Je lui ai tendu la baguette – et elle a calmement tout répété elle-même. Les yeux de Silk allaient s’embraser de joie et de contentement et elle aller serrer son petit poing potelé et le tendre en l’air lorsqu’elle va obtenir quelque chose de juste. Et elle obtenait, presque toujours quelque chose de juste. Le faucon n’est pas revenu ce mois d’août.

Elle a compris comment enseigner l’équilibre même pour le trot espagnol– et est retournée précipitamment vers son Biko noir au nez busqué.  A travers ses performances, son enseignement et sa relation aux chevaux, Silk a prouvé quelque chose de très important à elle-même et au monde. Elle a prouvé que n’importe quel problème dans les relations entre l’homme et le cheval sont principalement la conséquence de la stupidité et de la rancune de la part de l’homme. Et rien d’autre. Sans la stupidité et la rancune, il n’y a pas de problèmes.

Dernière modification par Mireille (29-01-2009 11:19:18)


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Mireille
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#2 06-06-2010 17:02:29

jeanmax
Poulain
Lieu: surzur 56450
Date d'inscription: 05-06-2010
Messages: 6

Re: Extrait du livre d'Alexandre Nevzhorov (je vous le conseille vivement)

triste et magnifique 
avez vous les references de ce livre ?
dans le meme style allez voir www.honzablaha.cz  un cousin a nevzorov

Dernière modification par jeanmax (09-06-2010 19:09:12)

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#3 27-06-2010 18:42:15

pixe
Poulain
Date d'inscription: 23-06-2010
Messages: 2

Re: Extrait du livre d'Alexandre Nevzhorov (je vous le conseille vivement)

Très beau texte
Est ce que ce livre à été traduit en français ? Quel en sont les références ?
Merci

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